Photo: MLDD. Photos de la manifestation par « Tina » (qui a préféré ne pas utiliser son vrai nom pour éviter d’éventuelles représailles du gouvernement chinois).



a première fois que j’ai dû traverser la frontière, près de Macao, j’étais morte de peur. Après tout ce que j’avais lu dans les journaux sur la police chinoise, j’étais persuadée qu’on allait m’arrêter, me jeter en prison et m’exécuter sans autre forme de procès. J’étais parano, parce que j’ai passé les douanes sans problème. Petit à petit, je me suis rendu compte qu’on pouvait critiquer le gouvernement en public et que les courriels et les SMS n’étaient pas surveillés. Même en tant qu’artiste, il est facile de contourner la censure. Le marché de l’art chinois est en plein boom et l’État est très content d’avoir à nouveau une production artistique digne de ce nom. En gros, si vous vous occupez de vos affaires et pas des leurs, vous avez droit à un certain degré de liberté. Cependant, il arrive qu’on ne puisse pas éviter de se frotter à l’État et c’est alors qu’on se rend compte de son emprise.



J’ai déménagé sur la côte au début de 2007, à Xiamen. Cette ville fait partie du Top 3 des endroits les plus jolis et les plus agréables de Chine. C’est surtout une des dernières villes encore « vivables » du pays. Le boom industriel de ces dernières années a eu des conséquences désastreuses sur l’environnement.

En mars, une rumeur s’est répandue affirmant qu’une société taïwanaise était en train de construire, en secret, une usine de produits chimiques à Xiamen. D’après de nombreux scientifiques, le paraxylène (Px) qui allait y être produit serait hautement cancérigène, polluerait l’environnement à long terme et augmenterait les risques de malformations fœtales. Pas malade. En plus, d’après les SMS qui circulaient, si un accident venait à se produire, il aurait le même effet qu’une bombe atomique. Le groupe avait déjà essayé de construire une usine à Taiwan, mais le gouvernement avait rejeté le projet, considérant que c’était trop dangereux. Selon les normes internationales, le Px doit être produit à plus de 100 kilomètres de toute ville importante...



Le bruit courait qu’une manifestation illégale aurait lieu le 1er juin. Comme le projet avait été approuvé par l’État, les gens savaient que s’y opposer, c’était s’opposer à l’État. Des polémiques ont commencé à fleurir sur les blogues, les forums, par courriels, messageries instantanées et textos, tandis que la police du web tentait désespérément de bloquer, effacer et contrôler toute communication contenant les lettres Px. Sans rire. Un de mes amis, Zhezi, a tagué les rues de slogans revendicatifs et tenté de commercialiser sur son blogue des t-shirts disant « Chacun de nous est une île. Chacun de nous est Xiamen. Anti Px. » Il m’a raconté : « Le lendemain matin, six hommes m’ont rendu visite dans ma chambre d’étudiant, certains d’entre eux faisaient partie du ministère de la Sécurité intérieure, d’autres du Département de la construction urbaine, et d’autres encore du service de sécurité de l’université. Ils ont confisqué mes t-shirts et m’ont conseillé de ne pas aller à la manifestation si je voulais avoir mon diplôme cette année. »


À SUIVRE:

LE GRAND FIREWALL | 1 | 2 |

LIRE/PUBLIER DES COMMENTAIRES






Shit, we haven’t seen anyone this time travel friendly since Mr. Crafty.

Comments/Enlarge
See all


Pipers are gods because that screaming bag takes about seven years to master but blind pipers are about the closest thing the Western world has to real-life ninjas.

Comments/Enlarge
See all



ARGENTINA | AUSTRALIA | AUSTRIA | BELGIUM: FRANÇAIS/NEDERLANDS | BRASIL | BULGARIA | CZECHOSLOVAKIA | CANADA: ENGLISH/FRANÇAIS | DEUTSCHLAND
ESPAÑA | FRANCE | GREECE | ITALY | 日本語 | MEXICO | NETHERLANDS | NEW ZEALAND | PORTUGAL | SCANDINAVIA | SCHWEIZ | SOUTH AFRICA | UK | US

ACCUEIL | CE NUMÉRO | Dos & Don'ts | ARCHIVES | CONTACT
© 2006-2009, Vice Magazine Québec | Privacy Statement | Site Development: Solid Sender