PHOTOS: DAVID LEDOUX
STYLISME: MARION CHAMBRETTE
COORDINATION: CLAIRE TOUZARD


Veste: Woods & Woods; débardeur: P&P; culotte: Paul Frank; bottines: Miss Sixty
PAULINE, 20 ans
En stage dans une agence de production audiovisuelle.
Vice: Ton poste?

Pauline:
Le titre exact, c’était « assistante de production ». Finalement, ça se résume à répondre au téléphone et à relier les scénarios. Pour expliquer en deux lignes ce travail passionnant : on jette sur mon bureau des scénarios de 1 000 pages. Je dois les séparer en plusieurs blocs pour les perforer et les relier. Inutile de préciser qu’il ne faut pas se planter entre les feuillets, et que ça m’est arrivé plus d’une fois. Il faut tout recommencer et ça prend des heures, c’est vraiment nul. Mais on a accès à toutes les fiches des jeunes premiers. Une amie et moi, quand on s’ennuie, on appelle les grosses vedettes en se faisant passer pour des productrices. Ça marche bien, j’ai déjà deux rendez-vous la semaine prochaine.



Robe chemise: Paul Frank; gilet: Et vous; bottes: Chevignon; jupe: Franklin Marshall; baskets (par terre): Springcourt; souliers (sur l’étagère): Sandie; jupe (sur le carton): Franklin Marshall
JULIETTE, 22 ans
Stagiaire dans un bureau de presse mode.
Vice: Ta pire expérience de stage?

Juliette:
Je devais rédiger des dossiers sur les dinosaures pour un magazine scientifique alors que j’y connaissais rien et on m’avait foutue à côté du service « réclamations ». Mes voisins, c’était des quarantenaires dépressifs qui se faisaient harceler au téléphone pour des remboursements de 1 ou 2 dollars. L’un d’entre eux passait près de mon bureau avec son regard de pervers pour me proposer des massages à domicile. J’ai tenu un mois, à peine.


Veste: Jasmin Santanen couture; t-shirt: Burfitt; jeans: Et Vous; bottines: Isabel Marrant
MOUNIA, 24 ans
Stagiaire à la rédaction d’un talk-show télé quotidien.
Vice: Tu penses quoi de ta condition de stagiaire?

Mounia:
J’ai l’impression d’être l'épaisse de service. On est cinq filles à la rédaction, employées soi-disant à des postes bien précis. Sauf que personne ne connaît nos prénoms et qu’on nous envoie faire des commissions ridicules. En plus, à la télé il faut tout le temps faire les choses en mode « urgence », comme si l’avenir de la terre entière en dépendait. En fait, c’est surtout la façon dont on nous parle qui est horrible, genre comme si c’était écrit « grosse merde » sur notre front.


T-shirt: Naco Paris; jeans: Renhsen; ballerines: Melissa
CHLOÉ, 27 ans
Stagiaire dans une agence de relations de presse.
Vice: Comment ça va au bureau?

Chloé:
Bof, ma boss, c’est le cliché de l’attachée de presse hystérique. En plus, elle est cheap : elle organise des soirées avec des budgets hallucinants et me demande des pièces justificatives pour chaque stylo acheté. Dans ce milieu, de toute façon, elles ont toutes des gros problèmes d’égo et elles adorent se venger sur la jeunette venue censément leur piquer leur place. Je me tape toutes les corvées de base de la stagiaire : ça va de la réception à la machine à café. Le pire, c’est qu’on te fait croire à une embauche, alors qu’au bout de six mois, on te jette pour une autre stagiaire « jolie et dévouée ».


Chemise: 55DSL; caleçon: Naco Paris; souliers: Converse
SALOMÉ, 20 ans
Stagiaire dans une agence de promotion musicale.
Vice: Alors, ton stage?

Salomé:
Pour moi qui suis fan de musique, c’est un peu un rêve qui se réalise. En plus, j’adore l’ambiance. Je me sens comme dans une famille où on t’accueille au champagne dès le premier jour.

Sérieux? Et les points négatifs?

Le seul truc qui m’angoissait au début, c’était de devoir répondre au téléphone à des musiciens connus, parce que je suis timide et que je perdais tous mes moyens.

La stagiaire exploitée, c’est un mythe alors?

Je n’appellerais pas ça de l’exploitation, parce qu’on apprend plein de choses qui nous serviront pour plus tard. Mais c’est vrai que j’ai la chance de ne pas avoir de soucis financiers, alors disons que ça aide.


Chemise: Kiaby; jeans: Lee Cooper; ballerines: Repetto
MARIE-ASTRID, 28 ans
Stagiaire à la section juridique d’une grande maison de disques.
Vice: Combien de stages à ton actif?

Marie-Astrid: Beaucoup. Je ne sais même plus. Avant de travailler dans l’industrie du disque, je suis passée par pas mal d'agences ultra-plates. D’abord, ça a été les cabinets d’avocats. Tu portes le tailleur, le chignon et écoutes parler tes patrons de leur photo avec untel dans le dernier magazine à potins. Ensuite, une maison d’édition, où tes collègues sont déjà aigries à 30 ans et te prennent pour une alcoolique finie quand tu proposes d’aller boire dans un 5 à 7.




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“My precious. They wants to hold my precious but me no let the Hobbits near my dear sweet precious.”





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You know you’re a filthy whore when even your ass is frantically trying to claw its way out of your dress just to get the fuck away from you.
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