arce que les cours fédérales suivent la Constitution à la lettre.

Oui. Et comme c’est possible d’abandonner son droit au Premier amendement par contrat, ils ont essayé de prouver que je l’avais fait. On m’a aussi dit que les recettes devaient être reversées aux détenus…

Ils voulaient vous empêcher de continuer.

Pour la première fois dans ce genre de cas au Massachusetts, le juge a estimé qu’il y avait eu violation de l’intimité de la personne.

C'est mongol. Je suis surpris que ce ne soit arrivé qu’à la fin des années 1960.

Pour ce qui est du contrat oral, le juge a préféré croire l’État. Ils disaient blanc, je disais noir, et le juge, qui n’avait aucune sympathie pour le film, a préféré leur version. Il a aussi décidé que les recettes seraient reversées à un fonds de soutien pour les détenus.

Une victoire éclatante pour l’État du Massachusetts, donc. Mais je parie qu’il n’y avait pas eu beaucoup de recettes.

Effectivement, les recettes étaient inexistantes! Le juge a aussi ordonné qu’on brûle les négatifs. Il a décrit le film comme étant un « cauchemar révoltant d’obscénité ».

Extrait de Titicut Follies


Ce serait plutôt un documentaire sur des obscénités révoltantes.

Je me suis empressé de faire appel devant la Cour suprême du Massachusetts. Ils ont jugé que le film était intéressant, mais ne pouvait être visionné que par un certain public : les docteurs, les avocats, les juges, les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux et les étudiants se destinant à ces carrières ou à des métiers spécifiques dans ce domaine, mais que « le grand public simplement curieux » ne devait pas le voir.

> Les censeurs ont vraiment accroché sur la scène où l’on voit Jim, un des détenus, complètement nu, être escorté de sa cellule à une salle de bain où il est rasé. On voit même qu’ils le coupent et qu’il saigne. Là, il fait une crise de nerfs, tape du pied et hurle. Tout ça se produit évidemment après qu’un des gardiens l’ait harcelé toute la journée avec la même question : « Ta cellule sera propre, demain, Jim? Tu vas nettoyer ta cellule, Jim? » C’est de la torture mentale… Et quand Jim monte les escaliers, un des gardiens le gifle. On entend l’impact du coup, mais on ne peut pas le voir parce que la caméra est derrière eux.

Que vouliez-vous montrer en montant la scène de cette manière?

Je voulais qu’on voit ce qu’il subissait pour montrer que personne ne devrait être traité de cette façon, quel que soit le crime qu’il a commis. Et puis, je ne comprenais pas pourquoi certains détenus étaient obligés de rester nus. On m’a expliqué que c’était, soi-disant, parce qu’ils étaient suicidaires. Mais on aurait pu leur donner des tenues en papier. D’ailleurs, pendant six mois, à la suite de la sortie du film, ils ont eu droit à des uniformes en papier. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de budget pour. La vérité, c’est que c’était plus simple pour tout le monde qu’ils soient nus. Certains des détenus étaient incontinents et les gardiens n’avaient pas envie de devoir leur enlever leur linge plein de pisse.

Combien de temps le film a-t-il été censuré?

Jusqu’en 1990. Au milieu des années 1980, j'ai commencé un autre recours. Le juge qui avait mené le dossier à l'origine était décédé. Il y avait une manchette dans le Boston Globe qui disait « Le juge de Titicut Follies est décédé. » J'ai donc intenté un autre procès, statuant que les circonstances avaient changé. Le nouveau juge s'était adjoint les services d'un « maître spécial », ce qui veut dire « quelqu'un pour l'assister » et lui a donné la tâche d'investiguer pour statuer si la projection du film pourrait porter atteinte aux prisonniers encore en vie. La première étape était de trouver qui était toujours en vie. Le juge a engagé un autre avocat qui chercherait à savoir quel était l'état des prisonniers survivants. Il a écrit un rapport qui disait que, selon lui, le film pouvait être présenté publiquement, sans porter atteinte aux prisonniers toujours en vie. Puis, le juge a dit que je pouvais montrer mon film, si je cachais le visage des prisonniers.

Tous les prisonniers? Mais c'est impossible.

Oui. J'ai refusé de faire ça et j'ai aussi dit que même si c'était possible de le faire sur vidéo, ça ne se faisait par sur film. Mais je ne l'aurais pas fait, même si ça avait été possible. On a donc demandé que ce soit reconsidéré. Il l'a fait et puis il a écrit son verdict en disant que le film était pleinement protégé par le Premier Amendement et qu'il pouvait être diffusé librement. Puis, il a été diffusé sur PBS.

Wow, ça a juste pris 23 ans.
Quand vous tournez, vous vous installez sur le lieu de tournage, vous tournez tant que vous pouvez, vous rentrez dormir, et vous recommencez?

Exactement. Si le lieu est ouvert 24h/24, je reste sur place environ 15 heures. S’il est ouvert 12 heures par jour, je fais les 12 heures. Et la nuit, je regarde les rushes. Les journées sont longues. On ne dort pas beaucoup. Mais c’est vraiment intense. Le documentaire, c’est un sport en soi. Il faut se maintenir en forme, on court toute la journée, du matos plein le dos et il faut pouvoir être efficace tout en dormant très peu.

Vous tournez toujours au même rythme, aujourd’hui?

Ouais. Je me charge du son et je dirige, il y a un cadreur et une troisième personne qui porte le matériel et qui se charge des inévitables imprévus. Pendant le tournage, la position de mon micro indique au cadreur ce qu’il faut filmer. C’est toujours moi qui choisis ce qu’on filme. On utilise des petits signes pour communiquer.

Monter un documentaire, c’est une responsabilité. On peut suggérer des choses, manipuler le public si on veut.

La « manipulation » peut être considérée de manière négative ou positive. Il y a des choix à faire, des choix qui vont avoir des conséquences. Je ressens une grande responsabilité envers les gens qui ont décidé de me laisser les filmer.


PROPOS RECUEILLIS PAR JESSE PEARSON


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I know you think this is just another reductivist fundie with no real grasp on the issue, but if we accept the fact that "Mean People Suck" then by the Transitive Property of Stupid T-Shirts it follows that "Abortions Suck," which, technically, is correct.
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Allowing a little girl to wear heels is a good thing because it drastically reduces the risk of “16th-birthday runaway slut explosion” so often seen in children raised by conservative parents. We’re willing to bet that Belladonna’s Mormon parents forced her to wear nothing but smocks and chastity belts when she was a kid, and look at her now.
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