iticut Follies est devenu mythique. Il a été interdit et censuré de toutes les manières possibles. Vous pouvez nous raconter ça?

Ce film a été complètement interdit pendant six ou sept ans. Il est sorti à l’automne 1967, une injonction et un procès ont immédiatement suivi. J’avais pourtant obtenu toutes les autorisations nécessaires pour le tourner. On ne peut pas travailler dans une prison haute sécurité sans être accompagné. Quand on a terminé le film, je l’ai montré au super intendant et au gouverneur adjoint responsable des prisons de l’État du Massachusetts, Elliot Richardson. À la sortie du film, il était devenu procureur général du Massachusetts…

Ce nom ne m’est pas étranger…

Il a connu son moment de gloire sous Nixon, quand il a été à la fois procureur général et secrétaire d’État. Ça n’a pas duré. Il a dû démissionner à cause du Watergate. Bref, le film a été vu par le super intendant, qui l’a aimé. Richardson l’a vu et l’a aimé. Et pourtant…

C’est vraiment étonnant.

En même temps, ça m’avait beaucoup surpris qu’ils me laissent filmer.

Ils considéraient vraiment que les conditions de vie à Bridgewater étaient montrables?

Je connaissais bien l’intendant, dans un cadre professionnel. Je l’avais rencontré quelques années auparavant, lorsque j’étais prof de droit et que j’amenais mes étudiants visiter les hôpitaux psychiatriques et les prisons. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de faire Titicut Follies. Je suis retourné le voir avec cette idée de film. Il est devenu mon porte-parole auprès des autorités pénitentiaires. C’est lui qui m’a expliqué comment présenter les choses pour obtenir les autorisations. Même avec son aide, il m’a fallu un an et demi pour avoir le feu vert.

Extrait de Titicut Follies


Pourquoi tenait-il à ce que le film se fasse?

Ça faisait neuf ans qu’il était à ce poste. L’État ne lui donnait absolument pas d’argent. Il n’arrivait donc pas à obtenir de crédits supplémentaires et il en avait besoin pour mettre en place de nouveaux programmes.

Il voulait montrer qu’il avait besoin d’argent.

C’est ça. Richardson, lui, a collaboré uniquement parce qu’il trouvait que c’était une bonne idée! Au départ, ils ont tous les deux aimé le film. Ils savaient à quoi ressemblait Bridgewater, à cause du manque d’argent qui l'empêchait notamment de recruter et de former des gardes, des psychiatres et des travailleurs sociaux compétents. C’était un des nombreux problèmes. Le film devait être diffusé au Festival de New York. Les projections de presse ont bien marché. Les critiques saluaient le film et condamnaient l’attitude de l’état du Massachusetts. Et puis une femme qui travaillait dans le social, dans le Minnesota, a écrit au gouverneur, un dénommé John A. Volpe, en disant : « Comment avez-vous pu autoriser que l’on filme des hommes nus? » Le pire, c’est qu’elle n’avait même pas vu le film! Elle avait simplement lu les critiques. Volpe, qui, lui non plus, n’avait pas encore vu le film, a eu l’impression que cette histoire pourrait être une menace pour son avenir politique. Il s’est employé à obtenir ce qu’on appelle une « injonction ex parte », ce qui veut dire qu’il y a eu une audience, à laquelle il n’était pas nécessaire que je sois représenté, pour faire interdire le film au Festival de New York.

Uniquement à ce festival-là?

C’était le seul endroit où il était projeté, à la connaissance de Volpe. Mais le festival l’a diffusé quand même, et il est sorti en salle à New York. Là, le gouverneur a obtenu qu’il soit retiré des écrans. Ensuite, il y a eu le Comité sur le système judiciaire public du Massachusetts, qui était contrôlé par les démocrates qui en voulaient à Richardson. Ils ont tenu des audiences pour savoir comment j’avais réussi à obtenir la permission de tourner. Ils voulaient utiliser ça contre Richardson.

Le film est devenu un instrument politique pour des tas de personnes différentes.

Tout à fait. Et puis il y a eu le procès, qui a duré dix-neuf jours. Le film était, je cite « une violation de l’intimité de Jim », le prisonnier que l’on voit nu dans sa cellule, et du coup il y avait rupture du contrat oral que j’avais passé avec l’État leur accordant le contrôle éditorial du film.

Vous aviez vraiment discuté de cette possibilité?

Il n’y avait absolument aucun document pour appuyer cette thèse et pourtant l’intendant a certifié le contraire.

C’était un faux témoignage, alors?

Oui. Richardson, qui était un avocat très intelligent, avait élaboré cette théorie pour prouver que j’avais abandonné mon droit de requérir l'application du Premier amendement [de la Constitution américaine : « Le Congrès ne pourra faire aucune loi… restreignant la liberté de parole ou de la presse », NDLR]. Il avait peur que je porte l’affaire devant une cour fédérale.

> PROPOS RECUEILLIS PAR JESSE PEARSON


À SUIVRE:
FOLIES D'UN DOCUMENTARISTE 
|1 | 2 | 3 | 4 |


LIRE/PUBLIER DES COMMENTAIRES






Man, that’s intense. First “Baloo” dies after only a few years, then the other best friend dies. He can go to shows and do shots and maybe even talk to some chicks, but without his two bros waiting for him, it’s just not the same. Those guys were more than just dogs. They were... no wait. They were just dogs. THEY WERE FUCKING DOGS, GUY! MOVE ON.

Comments/Enlarge
See all


That thing about black farts being good luck may be true and it may be bullshit. Why not err on the side of caution however and capture at least one of them in your favorite t-shirt?

Comments/Enlarge
See all



ARGENTINA | AUSTRALIA | AUSTRIA | BELGIUM: FRANÇAIS/NEDERLANDS | BRASIL | BULGARIA | CZECHOSLOVAKIA | CANADA: ENGLISH/FRANÇAIS | DEUTSCHLAND
ESPAÑA | FRANCE | GREECE | ITALY | 日本語 | MEXICO | NETHERLANDS | NEW ZEALAND | PORTUGAL | SCANDINAVIA | SCHWEIZ | SOUTH AFRICA | UK | US

ACCUEIL | CE NUMÉRO | Dos & Don'ts | ARCHIVES | CONTACT
© 2006-2009, Vice Magazine Québec | Privacy Statement | Site Development: Solid Sender