Photos: Jennifer Smith-Mayo

 

rederick Wiseman est sûrement un des plus habiles documentaristes de la catégorie «  je n'en ai jamais entendu parler ». Même s’il travaille sans relâche depuis 1967, ses films étaient simplement introuvables. Le seul moyen d’en voir un, c’était de guetter sa diffusion sur PBS, une chaîne américaine publique regardée par environ 0,2 % de la population. Dommage, parce qu’un documentaire de Frederick Wiseman, c’est quand même ce qu’on trouve de mieux en terme de reportage en immersion totale. Il choisit un endroit (ça va de l’hôpital psychiatrique au camp d’entraînement de l’armée) et il y reste pendant 4 à 12 semaines non-stop, sans s’arrêter de filmer. Il ne fait pas d’interview. Il ne passe jamais devant la caméra. Les gens et les lieux racontent leur propre histoire, et finalement, ça donne les meilleures histoires.

Il a tourné son chef-d’œuvre Titicut Follies dans une institution pénitentiaire psychiatrique du Massachusetts. Il y montre de manière touchante, effrayante, émouvante et néanmoins, intéressante, la réalité d’un endroit que personne n’était censé voir. Un endroit où on maltraite les prisonniers en les forçant à rester nus et où des psychiatres insensibles décident de leur sort avec une légèreté teintée d’indifférence. Un des pensionnaires fait le poirier dans la cour en chantonnant, un autre est nourri de force, gavé à la sonde gastrique et tenu par un préposé qui fume une cigarette en même temps. Nous avons joint Wiseman chez lui, dans le fin fond de l’état du Maine. Il nous a raconté, entre autres, la guerre de tranchées qu’il a dû livrer pour voir son premier film enfin projeté en salle, en 1991.

Vice: D’où vous est venue l’envie de filmer la vie des établissements?

Frederick Wiseman:
En tournant Titicut Follies, j’ai réalisé que j’aurais pu faire la même chose dans d’autres institutions publiques. C’est là que m’est venue l’idée de faire une série documentaire sur ce genre d’endroit.

C’est plus simple d’avoir une unité de lieu?

Le lieu acquiert les mêmes fonctions que la ligne blanche sur un terrain de tennis. Ce qui arrive sur le lieu de tournage concerne le film, ce qui se passe en dehors doit faire l’objet d’un autre travail. J’ai donc choisi des lieux considérés comme exemplaires dans leur domaine et qui avaient un impact sur la vie de beaucoup de personnes.

Comme ça, vous étiez sûr d’avoir de la matière. Mais pourquoi personne avant vous ne considérait les hôpitaux, les écoles secondaires, les corps policiers et leurs bavures comme des sujets dignes d’intérêt?

Je pourrais essayer de développer une théorie sur cette question, mais ce ne serait que pure spéculation.

Je vous en prie…

Mon premier film date de 1966, à l’époque où peu de films pouvaient utiliser la nouvelle technologie qui permet d’enregistrer à la fois le son et l’image sur une seule bande. Jadis, les gens utilisaient surtout ce procédé pour suivre des hommes politiques ou des criminels. Mon concept, c’était de faire d’un lieu la vraie star du film. Les gens ne sont que des sujets. La star, c’est le lieu.

Que dites-vous aux gens avant de commencer à tourner?

Je suis très direct. C’est la seule démarche valable. C’est aussi la meilleure tactique. Je ne veux pas qu’après le tournage, quelqu’un vienne me dire : « Vous m’avez menti sur le vrai sujet du film. » Alors, dès le départ, je dis : « Je vais tourner un documentaire. Aucune scène ne va être préparée. Je veux avoir accès aux lieux pendant 4 à 8 semaines. Durant cette période, 80 à 110 heures de film seront tournées. Je ne connaîtrai le sujet du film qu’une fois le montage commencé. Pour l’instant, je me contente d’accumuler de la matière. Si quelqu’un ne veut pas être filmé, il suffit de le faire savoir et son souhait sera respecté, sans discussion. Je découvre le film au moment du montage. Le résultat final sera diffusé sur PBS et distribué dans divers formats. »

PROPOS RECUEILLIS PAR JESSE PEARSON



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FOLIES D'UN DOCUMENTARISTE
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First of all, a burrito that size would be disgusting. Seriously, what is that, like 30 pounds of ground beef? Come on. Even if you were somehow ever that hungry, the only decent bites would be the ones in the very middle. The rest of the time you're just repeatedly smashing your mouth into piles of meat and lettuce and sour cream.

Secondly, you totally drew that lion like a fag.
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To the nine women in Canadian university engineering departments this guy is Ricky Martin.

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