a ne doit pas être évident de le faire au beau milieu d’une scène hyper mouvementée, comme on peut en voir dans vos films.

C’est surtout difficile de demander les autorisations avant le tournage même des scènes. Impossible de dire: «Eh, docteur, accordez-moi une minute avant de vous occuper de la fracture de ce gars. Je veux vous parler de ce que je fais.» Je filme et ensuite, si les gens ne sont pas déjà au courant, je leur fais mon petit speech. Je leur demande si je peux utiliser les images que je viens de tourner et j’enregistre mon laïus et leur réponse. D’après mon expérience, il est extrêmement rare que les gens refusent.

Et pourquoi ça, selon vous?

Ce n’est qu’une supposition, mais je pense que les gens aiment qu’on s’intéresse à eux, qu’on les filme, qu’on enregistre leurs paroles. Il ne faut pas sous-estimer la vanité humaine.

Même s’ils ont un comportement méprisable?

C’est compliqué. Je crois que la plupart d’entre nous pense bien se comporter. La vision qu’on a de son propre comportement n’a rien à voir avec la vision qu’en auront des observateurs extérieurs. C’est souvent le cas. Si on pensait être cruel ou hypocrite ou sadique ou quoi que ce soit d’autre, on changerait notre manière de faire. Nous sommes généralement complètement inconscients de l’impact qu’ont nos paroles ou nos actions, de leur charge d’ambiguïté.

Avez-vous l’impression d’avoir beaucoup appris sur la psychologie et la nature humaine grâce à vos films?

Ce n’est pas un principe universel, mais qui que ce soit (et pas uniquement un réalisateur de documentaire), en contact constant avec des groupes d’individus si divers, en apprend beaucoup sur la nature humaine. Ou bien peut-être qu’il finit seulement par se persuader qu’il en sait beaucoup.

Extrait de Titicut Follies.


Quand une personne que vous filmez commence à jouer pour la caméra ou à perdre son naturel, comment réagissez-vous?

Si je m’en rends compte, j’arrête de les filmer.

C’est aussi simple que ça?

Oui. Ça arrive trop rarement pour devenir un problème. C’est quelque chose que j’ai aussi appris ailleurs que sur les tournages. En tant que journaliste, si vous pensez que quelqu’un vous mène en bateau, vous vous adaptez. La présence d’un caméraman altère le comportement des gens, mais pas autant que celle d’un journaliste qui vient les interviewer ou intervenir dans leur vie. Ça, c’est bien plus artificiel. Je crois sincèrement que les choses qu’on voit dans mes films seraient arrivées même si je n’avais pas été là. Tout le contraire d’un entretien, télévisé ou écrit, réalisé dans un but précis et dans des circonstances particulières.

Vous n’avez jamais envie de poser des questions?

Ça m’arrive, mais je ne le fais jamais, en tout cas, pas pendant que je filme. Je pose souvent des questions pour bien comprendre comment se passent les choses, «concrètement» j’entends, mais pas sur des évènements précis. J’aurais, par exemple, envie de savoir quand ont lieu les réunions pour établir les emplois du temps, qui sont les personnes qu’on considère comme les «chefs». Je passe beaucoup de temps à recueillir ce type d’informations.

La vision de vos films provoque toute une palette d’émotions, de l’amusement au dégoût, et vice versa. Mais arrive toujours un moment où l’on se demande ce que vous, qui étiez sur place, avez pu ressentir. Par exemple, la scène dans Titicut Follies où un détenu est nourri de force? Que ressentez-vous sur le moment, quand les choses deviennent aussi intenses?

Des tas de choses. Je me dis que c’est une bonne scène et je veux être sûr de faire tout ce qu’il faut pour l’avoir sur pellicule. Et en même temps, une partie de mon cerveau se demande comment des êtres humains peuvent traiter leurs congénères de cette manière. J’ai du mal à me rappeler précisément de mon état d’esprit de l’époque. Ça arrive, mais dans ces moments-là, on ne peut s’empêcher de penser que c’est une scène incroyable. Parce qu’on est en plein boulot forcément. C’est différent quand on se retrouve en montage et qu’on peut prendre le temps de réfléchir. Quand on monte, on est beaucoup plus dans l’analyse. Il faut arriver à identifier clairement ce qu’on croit voir. On a l’opportunité de revenir sur les images, d’aller d’avant en arrière, de droite à gauche et de haut en bas, autant de fois que l’on veut, et alors on comprend certaines choses.

PROPOS RECUEILLIS PAR JESSE PEARSON


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COMMENTS
Subject: Rad
Date: Oct 03 2007 01:58:25 PM
Author: Matt

Rad interview, very intresting.



Subject: A return to content
Date: Oct 03 2007 12:57:10 PM
Author: Philip

Nice one Vice.



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Girls use lower-back tattoos to encourage your subconscious to think about doggy. When guys have them it makes you think of prison. Throw in some cartoon characters for 11-year-olds and you’re basically taking a shit in my brain.

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Only lesbians and nerds are into Lara Croft. If you are a truly healthy heterosexual male you should have a gray, furry boner right now because this piece of perfection makes you feel like an evil wolf. Sorry to sound so rapey. Of course consent is a big part of it, but truth be told this is a lot more appealing to men than some “kick ass” chick that does a backflip and then shoots the head off a rattlesnake.

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