DOS & DON'TS






DU CÔTÉ DE VICELAND



DU CÔTÉ DE VBS



DU CÔTÉ DE THE CREATORS PROJECT



DU CÔTÉ DE NOISEY




Photos: Markthecobrasnake, Drew Malamud






27 juin: Londres, Bush Hall

Dave:
Après Hove, vol à 5 h du matin jusqu’à Oslo. Vol de Olso à Copenhague. Vol de Copenhague à Londres. Pat ronfle. On atterrit à 13 h. On va faire une entrevue à la BBC.

On arrive au soundcheck. C’est notre plus grosse date à Londres. J’ouvre l’étui de ma guitare et là, désastre: ci-gît ma légendaire Flying V transparente, cassée en deux. En bons zulus, on verse un peu d’alcool par terre pour qu’elle repose en paix, puis on essaie de trouver une autre gratte. En plus, on avait fait venir tout un kit de lumières de dingue donc on devait aussi expliquer à l’éclairagiste ce qu’on voulait. Deux heures et trois hernies plus tard, c’est le meilleur show de la tournée. Salle comble, dans un magnifique hall victorien, éclairé par des tonnes de lustres. Avec nos lumières futuristes en plus, ça faisait un bel effet D’Artagnan-meets-Flashdance.

29 juin: Stockholm, Debaser

Dave:
Premier show headline à Stockholm cette fois-ci, dans une salle qu’on jugeait trop grande pour nous. En plus, il y a un gros festival ailleurs. Même DJ Mehdi, notre Billy Preston, joue dans une autre boîte. Ne me demandez pas comment on a fini par remplir tout le Debaser, c’était tout simplement providentiel. Un autre de nos shows préférés. Pas trop de meufs, par contre. Chez nous, on appelle ça une soirée saucisse.

30 juin: Bruxelles, Dirty Dancing

Pee:
Je suis hyper malade (ok je suis hyper hypocondriaque) et j’ai vraiment envie de rester au lit et de faire un peu de compta. Mais on n’a jamais le temps. On arrive dans la ville en après-midi, on dépose nos valises à l’hôtel, on va faire les balances, on revient se reposer une heure, on retourne donner notre spectacle, on rentre à 3 h du matin, on dort 4 heures puis on repart tôt le lendemain. Mais ça valait le coup, parce qu’on a fait la rencontre de Dame Pipi. C’est une vieille grand-mère qui travaille au Dirty Dancing depuis toujours (ses petites filles fréquentent l’endroit aussi), et dont le boulot consiste à chiller devant la porte des toilettes. Quand tu veux rentrer, tu dois lui dire ce que tu veux faire: numéro 1 ou numéro 2. Ensuite, selon la nature de tes envies, elle t’envoie vers la bonne salle et te demande 50 centimes si tu veux faire un numéro 2.

6 juillet: New York, Studio B

Dave:
600 pré-ventes. Dès 22 h, une file d’attente qui fait le tour de la boîte. Ils finissent par laisser rentrer 1 300 personnes. Ça fait du slam dance et du stage diving sur nos ballades. Ils connaissent déjà tous «Momma’s Boy» par cœur et la chantent a cappella avec nous. On n’a rien compris.

12 juillet: Montréal, Club 1234

Pee:
Il y avait un petit concept pour cette soirée: c’était de jouer dans une boîte généralement fréquentée par les pires des beaufs et de la remplir de branchouilles. Ce qu’on ne savait pas, c’est que le système de son a aussi été conçu pour David Guetta. Donc tous nos morceaux sonnaient comme «Call On Me». Mais c’était plein à craquer et l’ambiance était mortelle. Comme à New York, il y avait du stage diving et, no homo, une grosse queue dehors.

24 juillet: Los Angeles, Cinespace

Pee:
La fameuse soirée de Steve Aoki. Personnellement, je n’étais pas chaud pour y jouer, puisqu’on l’avait déjà faite l’an passé, mais quelque chose de magique est arrivée. Tout se déroulait bien et le concert était déjà sold-out. On commence, je regarde le public, et là, qui je vois? Yes! Paris Hilton debout sur une chaise en train de nous filmer et de chanter «Needy Girl». Mes cousins en sont très fiers. Ils ont déjà raconté à tout le monde qu’on est des amis intimes et qu’elle va venir à leur mariage. Les nouvelles se transmettent très vite chez les Libanais.

29 juillet: Fujirock Festival

Pee:
Alors là, si vous croyez que les Espagnols sont fraggles, il faut voir les Japonais à Fujirock. Ça mes amis, c’est roots. On parle toujours des sneakers exclusifs, des distributrices de sous-vêtements pour femme déjà utilisés et de la faible tolérance des nippons à l’alcool, mais for real, le Japon c’est phat pour une chose: la bouffe. On se cherchait un resto et la meuf de l’hôtel a dit qu’elle pouvait nous avoir une table au spot préféré de George Bush. Argument massue, on y va. Sauf que j’ai failli ne pas rentrer parce que j’avais un t-shirt La Coka Nostra avec une tête de mort et des guns dessus. Mais quel délice! Et attention, il ne s’agit pas de sushi, ça c’est pour les débutants. On s’est tapé un mixte complètement fou de poissons frits, de canard, de légumes marinés et de tofu. Moi qui pensais qu’il fallait être gay pour aimer le tofu. Le truc là-bas, c’est qu’il ne faut pas se demander si ce qu’on te sert, c’est animal, végétal ou si c’est des cailloux. Il faut juste se goinfrer.

5 août: Big Chill Festival

Dave:
Prenez Primavera, transposez les gens dans un gros champ, augmentez légèrement le taux de meufs à dreads, ajoutez y quelques chiens, des enfants, des sombreros géants (Pat a décidé d’en porter un), des DJs de trip-hop, et ça donne Big Chill. Pardon, ça donne notre nouveau public. Fini les jeunes myspaciens en Cheap Mondays, le nouvel uniforme de la Chromeo army, c’est les sandales Teva. Entre deux morceaux, j’ai hurlé «y’all hippies are really funky» et la foule a fondu en larmes.

TEXTE PEE THUG & DAVE ONE


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LE JOURNAL DE BORD DE CHROMEO
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